Text : Marjolein Guldentops
Ces morceaux ont été produits à Bruxelles, à l’exception de seulaison, enregistré en France quelque part dans le sud-ouest. C’était pendant l’été 2012, avant d’aller vivre en Belgique.
Seulaison est l’un des premiers morceaux avec le projet accou. Lors de l’enregistrement, la sortie stéréo de ma table de mixage rentrait dans un enregistreur numérique. Mais j’ai appuyé sur le mauvais bouton, et le son a directement été enregistré par les micros – on entend même le souffle de l’ordinateur :/ Les morceaux de l’album 2011 datent également de cet été, dans cette chambre du sud-ouest où j’avais accroché 4 enceintes hi-fi au mur.
0043 7-audio a été enregistré à Bruxelles dans ma première colocation. Le studio était alors dans un placard/chambre, sur un lit, avec des enceintes d’ordinateur et un casque, et toutes les machines autour.
Pendant la même période, je composais la cassette Triste Anna. A l’époque, je travaillais dans un café la journée, et le soir je faisais de la musique. Souvent, je n’avais plus beaucoup d’énergie, et j’étais déjà à moitié dans le pays des rêves lorsque je jouais. Les morceaux sans titre ont été créés dans ces moment-là.
Des enregistrements comme 0003 9-audio ou encore 0004 record, ont été réalisés dans ma seconde colocation Bruxelloise. Elle se situait au 4ème étage dans un quartier que l’on appelait Chicago. Dans l’immeuble, il y avait une maison close au 5ème, toute une famille tzigane au 1er, et un toxico au rez-de-chaussée. Parfois, l’enfant du 3ème triait le courrier pour tout l’immeuble – il était simplement déposé à l’entrée, dans une bassine. C’était une période plutôt mélancolique et romantique. Je découvrais réellement l beauté grisâtre et bétonnée de Bruxelles. Les interludes phrase de cet album et la cassette Chapelle Ardente datent aussi de cette période.
Pendant l’été 2015, j’ai revendu une bonne partie du matériel pour aller vivre en Italie avec ma copine et amener le minimum avec moi, c’est à dire un ordinateur et quelques sampleurs. La photo utilisée pour la pochette représente ce nouveau set-up et date du début d’année 2016. J’ai vite fini par n’utliser que l’ordinateur, ce qui a donné la cassette Serafine.
FR
Plusieurs années salines d’écart,
ravis par la poussière et les faux espoirs,
la pluie frappe au plus profond de la chaîne de montagnes.
Des serres diligentes déchirent le ciel et la terre,
au loin, des danseurs aux longues jambes se frayent un chemin dans le sillage de l’aube.
Poursuivis par leur soif inextinguible,
ils suivent une voix portée par le vent.
Ils ne laissent rien au hasard, ils fouillent dans le passé lointain.
Ils se traînent par douzaines dans d’innombrables virages.
Sous les changements inévitables de la puissance des éléments,
Ils font rage,
à ce jour.
NL
Vele zilte jaren hier vandaan,
uitgewist tot stof en valse hoop,
slaat de regen diepe dalen in de bergketen.
Ijverige klauwen verscheuren er hemel en aarde,
wat verderop banen langbenige dansers zich een weg in het kielzog van de dageraad.
Achtervolgd door hun onlesbare dorst,
volgen ze een stem gedragen door de wind.
Ze laten niets aan het toeval over, ze graven in het verre verleden.
Ze slepen zich bij tientallen door ontelbare bochten.
Onder de onvermijdelijke veranderingen van de weerelementen,
gaan ze tekeer,
tot op de dag van vandaag.
ENG
Several salt years apart,
blotted out into dust and false hopes,
the rain strikes deep into the mountain range.
Diligent talons tear heaven and land apart,
a little further on, long-limbed dancers limbo their way in the wake of dawn.
Pursued by their unquenchable thirst,
they follow a voice carried by the wind.
They leave no stone unturned, plucking at the distant past.
They drag themselves by the dozen in innumerable bends.
Under inevitable changes of weather forces,
do they rage,
to date.
Text : Majolein Guldentops
WAKE UP!
…can’t remember dosing off
day breaks yet maybe it’s worth falling back asleep to drift out of consciousness and call up possibilities of continuing forgotten dreams
or not, can’t force that
just happens, even with desires to control it
even still, it’s unclear how to recall past images of REM sleep
tape’s still on
wonder how much was missed
feels endless
heavy blankets as it slides in and out of focus entraining brainwaves on countless shifting rhythms that alter breathing patterns and heart rates while modulating disconnected mental images
no need to ask what for, that doesn’t matter
sound floated thru vibrated media swerves molecules into particular flows like tiny synchronized swimmers with bodies split between air and water moving in tandem with and against chlorinated waves that surround skin flaking away when dry as a tongue without water
where’d that come from, baited and switched
another deep breath in to wake this supine body
…can’t remember dosing off
cactus teeth cats scratch to tongue particles of remembered snippets only to fray threaded sequences now lost among fogged lenses that never dreamt of opening
finally, it rains
nothing gets wet, landscapes littered fed back lizards in chromed boxes
which unknowns are triggered, triangulating dream-flavoured uncertainty
tape’s still on
coiling gears snaked by cycles
feels endless
downward onward worstward toward other vistas broken into clouds paradoxing residual animal shapes echoing siren calls that ask for impossible resemblance fruits fly of play forking laboured disfigures
they’re there, somewhere else
might as well rebuild subjectless strings to coax out ambient feelings of numogrammatical definiteness swimming bodies of chrome-tipped plastic for another round of brain activity to spike juice from succulent green but whitish mist sediments daybreak
just happens, baited and switched
time to pass out…
Text : Lendl
